LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS – CONFERENCE AFFAIRES ETRANGERES

//LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS – CONFERENCE AFFAIRES ETRANGERES

LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS – CONFERENCE AFFAIRES ETRANGERES

LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS ?

UN MAITRE MOT : L’EDUCATION… DE NOS REFLEXES !

SYNTHESE

Avec l’explosion de l’utilisation du Web par le commun des mortels, une nouvelle ère de l’information est bien en place : instantanée, vivace et opulente. Où en sommes-nous dans l’usage que nous en faisons, quel recul avons-nous face aux affirmations diffusées et que nous relayons aussi vite sans savoir si elles sont vraies ou fausse ?

Les intervenants de la conférence internationale sur « Les démocraties face aux manipulations de l’information » exposent les axes de solution pour palier l’invasion du phénomène des fake news. L’éducation de notre sens critique face aux informations diffusées, reste la première arme avancée par chacun des intervenants, Madame la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, Rose-Marie Farinella enseignante et Jean-Yves LeDrian, ministre, notre hôte en ce lieu. En effet, elle est à déployer massivement auprès des enfants et des adultes, citoyens de notre société mais aussi auprès des pouvoirs publics.

Il s’agit d’un vrai défi car il nécessite un cadre juridique international concerté et la mise en place d’un label, présenté par Christophe Deloire, Secrétaire Général de Reporters sans frontières et de moyens techniques pour faire face aux relais des fakes news comme l’a souligné Harlem Désir, représentant de l’OSCE pour la liberté des médias.

Nous attendons les effets du nouveau Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et sur les automatismes de contrôle des informations diffusées, lancé le 14 avril dernier.

Un travail bien engagé au niveau européen maintenant et à mener de longue haleine. A nous d’éduquer nos reflexes de vérification des informations en dehors du 1er Avril !

FAKE NEWS INTERVENANTS CONFERENCE 04 AVRIL 2018

PROGRAMME FAKE NEWS CONFERENCE 04 AVRIL 2018 MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

INTRODUCTION

« Comment faire pour préserver notre monde des simulacres et de ceux qui en font commerce ? Socrate s’interrogeait déjà sur ce sujet de fond, au 5ieme siècle avant notre ère (-470/-399) comme nous le remémore Jean-Yves Le Drian lors de la Conférence du 04 avril 2018 au Ministère des affaires étrangères que nous relatons ci-après.

Avec l’explosion de l’utilisation du Web par le commun des mortels, une nouvelle ère de l’information est bien en place : instantanée, vivace et opulente. Nous croulons sous les nouvelles, les images, les anecdotes et bons mots ! Au moins, pourrions-nous y voir la revanche de l’écrit même imagé, à l’ère du virtuel dans lequel nous évoluons aujourd’hui… Où en sommes-nous dans l’usage que nous en faisons, quel recul avons-nous face aux affirmations diffusées et que nous relayons aussi vite ?

Le 04 avril 2018, le Ministère des Affaires Etrangères organisait une conférence internationale sur « Les démocraties face aux manipulations de l’information ». Deux thématiques étaient abordées après l’introduction réalisée par Françoise Nyssen, Ministre de la Culture :

  • Quelle résilience des sociétés démocratiques et des médias face aux manipulations de l’information ?
  • Quel rôle pour les pouvoirs publics face aux manipulations de l’information ?

Le programme diffusé dans cet article liste les invités internationaux présents aux tables rondes. Quels sont les points marquants à retenir ?

L’intervention de Madame la ministre de la Culture, Françoise Nyssen et les actions prévues par l’Etat :

Madame la ministre de la Culture a présenté les armes à déployer pour la défense de la démocratie et contre les fake news. Elles se portent sur les dimensions suivantes :

1-Le travail de journaliste :

Les initiatives des journaux suivants ont été citées :

  • Le journal « Le Monde » avec Decodex, vérificateur d’informations diffusées par d’autres media,
  • Libération
  • BBC Check

Reporters sans Frontière et leur proposition de label, gage du respect de la déontologie dans l’information (Voir ci-après)

2-Le droit :

  • Réadaptation du droit pour agir vite et systématiquement afin de faire respecter la déontologie en matière de diffusion de l’information auprès du citoyen
  • Nouveau texte à venir en deux volets :
    • Audiovisuel et particulièrement en période électorale
    • Fake news et Internet avec la responsabilité que devront supporter les réseaux sociaux (RS) tels que Facebook, Twitter et YouTube dans le relais d’information non vérifiées
  • Le devoir de coopération internationale entre plateformes/RS afin de lutter contre le terrorisme et la haine. Une charte sera à signer pour s’engager à la vérification des informations et notamment s elles viennent de robots.

3-L’éducation :

Il s’agit d’agir via :

  • L’Etat par l’apport de moyens
  • L’éducation par l’apport de méthodes
  • Les media par l’apport de contenus

Le projet sera déployé sur 5 ans au travers d’une intervention minimum dans les écoles, bibliothèques et médiathèques nationales et ce, sur une même classe d’âge. Le budget actuel consacré sera multiplié par 2 en s’appuyant sur les jeunes accomplissant leur service civique. Des programmes audiovisuels sont prévus sur les chaînes TV nationales et une plateforme d’éducation des jeunes au repérage des fake news.

Intervention Rose-Marie Farinella enseignante et lauréate du prix Unesco media and information Literacy :

En écho aux propositions éducatives de Madame la ministre de la Culture, des vidéos ont été projetées en témoignage des expériences concrètes menées dans les écoles, auprès de jeunes enfants. Il s’agissait de développer leur regard face à une information ou à une image, falsifiées. Des réflexes concrets leur ont été enseignés de façon à aiguiser leur sens critique vis à vis des fake news et/ou de la théorie du complot. Ils ont d’ailleurs rédigé un journal intitulé « Les Infaux » !

Intervention Mathias Girel (@MathiasGIREL) Maître de conférences en philosophie à l’Ecole Normale

Il expose la difficulté de prouver la manipulation : Quelle est son intention, quelles en sont les causes réelles et quels moyens sont utilisés ?

Ainsi, quatre processus peuvent se mettre en place pour contrer l’information diffusée. Ils sous-tendent une volonté de

  • Cacher les raisons d’agir (raison d’Etat à dissimuler)
  • Affaiblir l’autorité de la source (Déstabiliser et minimiser la légitimité de la source d’informations)
  • Compliquer le raisonnement et l’apport de preuves demandées
  • Démultiplier les causes possibles du sujet pour noyer les causes réelles du problème (Ex : tabac est la cause unique du cancer et non les pesticides)

Intervention de Christophe Deloire, Secrétaire Général de Reporters sans frontières

« Arrêter de penser que la Fake news chasse la bonne ! » Certification des bonnes pratiques médias à soutenir… By @cdeloire

Il propose une certification ou label des bonnes pratiques qui permettrait de dresser une « white list » des médias vertueux. Il annonce que Google est prêt à mettre en œuvre ce label.

Néanmoins, Mika Aaltola, chercheur au Finnish Institute of International Affairs, souligne qu’au-delà des fake news qui nous affectent, les éditeurs seraient les aspirateurs de nos données et indique ainsi que la « Data is the new oil » !

PRESIDENT DE LA VILLA NUMERIS-TRANSFORMATION DIGITALE DES ENTREPRISES

THINK TANK TRANSFORMATION DIGITALE DES ENTREPRISES

INSTITUT DE SONDAGES-FAKENEWS

Intervention de David Lacombled (@david_lacombled) Président de la Villa Numeris

(@Lavillanumeris) think tank sur la transformation numérique.

Il présente les résultats du sondage BVA* (@Groupe_BVA) pour La Villa Numeris, réalisé auprès des Français sur leur perception des fake news et les moyens envisagés pour les réguler.

Extraits de la parution « Les français et les fake news » sur le site de La Villa Numeris :

VOIR la synthèse complète sur :

https://www.lavillanumeris.com/180404-fake_news-analyse

Ou sur le site BVA :

https://www.bva-group.com/sondages/francais-fake-news/

Internet, vecteur majeur d’informations, notamment pour les moins de 35 ans

Aujourd’hui internet est devenu une des principales sources d’information des Français : ils sont tout autant à citer le web que la télévision pour s’informer sur l’actualité (62%).

Internet est de ce fait un véritable terrain stratégique concernant les informations qui y circulent, principale source d’information pour une partie de la population, même si ce vecteur est rarement exclusif (les Français citent en moyenne 2 médias pour s’informer, notamment les moins de 35 ans et les cadres).

Au-delà d’un moyen de communication, Internet est très largement un lieu d’échange d’informations

  • Le web a été créé comme un lieu d’échange d’informations et le développement des réseaux sociaux a accentué ce phénomène. Ce sont d’ailleurs 6 Français sur 10 qui déclarent qu’il leur arrive de partager une information qu’ils trouvent intéressante (58%), près de 2 sur 10 le faisant même systématiquement ou souvent (19%).
  • Toutefois il arrive à une grande partie de ces internautes de partager des informations jugées peu fiables ou non vérifiées. Ainsi plus de la moitié des Français partageant des informations avec leurs contacts sur les réseaux sociaux ont déjà partagé des informations qu’ils savaient pas fiables pour susciter l’intérêt de leurs amis (59% des « posteurs», soit 34% des Français) ou dont ils n’avaient pas vérifié la source (53% des « posteurs» doit 31% des Français).

Les usages d’internet, privilégiant l’instantanéité de la communication, favorisent la diffusion d’informations peu fiables, et une grande partie des Français ont bien conscience de leur rôle dans cette diffusion.

Des Français pourtant méfiants concernant les informations diffusées sur les réseaux sociaux :

  • 75% des Français estiment avoir déjà été confronté à une information fausse destinée à les influencer, près de 2 sur 10 déclarant même avoir été induits en erreur par cette information (18%).
  • Selon eux, c’est d’abord par les réseaux sociaux que ces « fake news » se propagent (82% de citations), acteurs les plus cités loin devant les influenceurs (52%), les sites web diffusant exclusivement de l’information sur internet (43%) ou encore les personnalités politiques (28%).
  • Soulignons que les portails de médias traditionnels sont peu considérés comme propageant des fake news (19% de citations seulement), expliquant en grande partie la confiance importante des Français à leur égard. 76% des Français jugent d’ailleurs que ce sont des sources d’information en lesquelles ils ont confiance.
  • Si les Français font peu confiance aux personnalités politiques comme source d’information (81% ne leur font pas confiance) bien qu’ils ne soient pas identifiés comme diffusant particulièrement des fake news, les réseaux sociaux sont jugés très peu fiables. Moins d’1 Français sur 10 (8%) leur fait confiance contre 91% ne leur faisant pas confiance, plus d’un tiers déclarant même ne pas leur faire confiance du tout (37%).

Peut-on à ce stade parler de crise de confiance à l’égard des réseaux sociaux ? Force est de constater que la contestation à l’égard des géants du web prend de l’ampleur, la question des fake news rejoignant l’inquiétude également exprimée par les citoyens quant à l’utilisation des données numériques.

Des Français favorables à des actions contraignant les acteurs d’Internet à réguler les informations diffusées

Notons qu’une solution européenne, en définissant un cadre commun aux pays membres, recueille l’adhésion de moins de 3 Français sur 10 (29%), alors même que l’Union Européenne essaye d’asseoir son leadership sur ces sujets de société. Après son action en faveur de la protection des données via la RGPD* notamment, la commission vient de publier un rapport pour lutter contre la diffusion des fausses informations en ligne, préalable à une action globale sur le territoire européen. L’Europe n’apparaît pourtant pas l’acteur le plus légitime pour intervenir sur le sujet pour les Français.

  • La mise en œuvre d’une régulation des fake news pourrait prendre la forme d’une autorité indépendante, à l’image de la CNIL. 76% des Français seraient favorables à cette solution, 26% étant même très favorables à cette mesure. Cette adhésion est largement partagée dans l’opinion, l’ensemble des sous-populations (par âge, catégorie socioprofessionnelle…) se déclarant très majoritairement favorables.

Si les Français semblent hostiles à laisser les acteurs concernés à s’organiser eux-mêmes, ils ne demandent pas forcément à ce que l’Etat ou l’Union Européenne s’occupe de cette régulation. La création d’une autorité indépendante semble plutôt séduire l’opinion, cette autorité pouvant certainement intégrer les professionnels de l’information et des médias, acteurs jugés les plus légitimes pour intervenir sur le sujet pour les Français.

*Méthodologie :

  • Etude réalisée par l’Institut BVA auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 21 au 22 mars 2018.
  • Echantillon de 1053 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : catégorie professionnelle du chef de ménage et de l’individu, sexe, âge, région et catégorie d’agglomération

Voir aussi l’intervention de David Lacombled sur BFM Business le 04 Avril 2018 :

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/l-invitech-le-vrai-du-faux-sur-les-fake-news-0404-1055559.html

« Les fausses informations sont plus et plus vite partagées que les vraies » David Lacombled

Conclusion de Jean-Yves LeDrian (@JY_LeDrian)

CONFERENCE AU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES : LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS

Jean-Yves Le Drian souligne que nos démocraties ont tardé à prendre la mesure de cette dérive de l’information. Il ajoute que maintenant, nous sommes à l’ère de la propagande dotée d’outils de falsification à portée de tous (trucage vidéo). Il s’agit donc de répondre à ces défis par la résilience des pouvoirs publics en :

  • Réinventant une modèle démocratique défensif ;

« Il ne peut y avoir de vie démocratique sans un espace public nourri par le travail des journalistes. Pas plus qu’il ne peut y avoir d’information sans des institutions et des règles qui en garantissent la liberté. »

  • Impliquant la responsabilité des entreprises ;
  • Intensifiant la vigilance des pouvoirs publics en les formant davantage et des médias ;
  • Utilisant l’intelligence artificielle avec sa capacité à repérer l’origine et les diffuseurs des fakes news virales. Des partenariats avec des entreprises innovantes sont réalisés.

Il conclue par la formule : What the Fake !

By | 2018-05-20T18:10:29+00:00 mai 20th, 2018|DANS LA CITE|0 Comments

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